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Communique de presse

París (may 8/21). L’Ambassade de Colombie en France tient à se référer à la situation qui se déroule en Colombie, à la suite de la grève nationale qui a été déclarée le 28 avril dernier.

À cet égard, l’Ambassade de Colombie en France souhaiterait contextualiser d’abord les différents événements qui sont en train d’avoir lieu dans le pays.

Face à la situation économique et sanitaire actuelle provoquée par la pandémie, dont aucun pays au monde n'est épargné, le gouvernement national a déployé tous ses efforts pour limiter la propagation du virus et assurer les services de santé aux citoyens. En même temps, conscient des énormes impacts sociaux causés par la crise sanitaire, le gouvernement national a mis en œuvre des politiques visant à soutenir et à répondre aux besoins des plus vulnérables et à maintenir l'appareil productif du pays.


L’Ambassade de Colombie en France se permet de citer, comme exemple de ces efforts, l´extension du revenu de solidarité, qui bénéficie aujourd'hui à plus de 3,4 millions de ménages ; la subvention des salaires par le biais du programme de soutien à l'emploi formel (PAEF), qui a bénéficié à environ 3,5 millions de travailleurs ; le remboursement de la TVA pour près de 2 millions de ménages vulnérables ; ainsi que le renforcement du Fonds de solidarité éducative, qui a permis que 700 000 étudiants puissent poursuivre leurs études dans les universités publiques.


En ce sens, le gouvernement a présenté un projet de réforme fiscale le 15 avril auprès du Congrès de la République, afin de maintenir la protection des plus vulnérables et des finances de la nation, et d’assurer le renouveau de notre pays dans une perspective de relance sociale et économique.

A partir de cette décision, des manifestations pacifiques ont eu lieu et ont été reconnues par le gouvernement. Malheureusement, certaines d’entre elles ont été infiltrées par des acteurs criminelles. Sur ce sujet, Monsieur le Fiscal General de la Nación, Francisco BARBOSA, a affirmé que cette institution a détecté des infiltrations dans les manifestations par des groupes de trafiquants de drogue, et des dissidents des FARC et de l'ELN, notamment dans le département du Valle del Cauca. 

Le dimanche 2 mai, le Président Iván DUQUE a décidé le retrait du projet de loi. Cependant, les manifestations pacifiques ont persisté, de manière parallèle aux actes de violence.
Au soir du 5 mai, 3 335 activités avaient eu lieu dans le cadre de la grève nationale. Parmi ces activités, l’Ambassade de Colombie en France tient à remarquer 1 504 rassemblements, 838 marches, 782 blocages, 208 mobilisations et trois assemblées, dans 689 municipalités des 32 départements de la Colombie et dans la capitale, Bogotá. Il faut noter que ces assemblées ont été suivies par 620 900 personnes.

En ce qui concerne les dommages causés lors de cette grève nationale, l’Ambassade de Colombie en France a le profond regret d’informer que 24 personnes sont mortes, dont 23 civils  et un policier. En outre, 387 civils et 769 policiers ont été blessés au cours des manifestations. A ces faits s´ajoute la destruction de 21 postes de police (CAI) ; sans oublier les barrages routiers entravant l'approvisionnement en nourriture dans plusieurs villes et les dégâts des infrastructures publiques.

Les actes de vandalisme et de violence entrainent en ce moment en Colombie la destruction de biens publics et privés, atteignent la sécurité alimentaire, la distribution de carburant et la santé, limitent l'accès aux infrastructures critiques telles que les aéroports, et entravent d'autres chaînes d'approvisionnement essentielles en bloquant les routes, tout en mettant en danger les citoyens et en préjudiciant le droit au travail, la circulation et à la santé, y compris les efforts de vaccination. Ces faits posent en danger la vie, la santé et les droits fondamentaux, comme la libre circulation et du travail des citoyens colombiens.

Il est donc clair que ces faits ne peuvent pas être tolérés dans aucun Etat de Droit. L'exercice du droit de manifester doit respecter les droits et les libertés de tous les citoyens et, en particulier, leur vie, leur dignité et leurs biens. Il est également nécessaire de signaler que l’on ne peut pas non plus tolérer un usage excessif de la force par une quelconque autorité publique.

En conséquence, l’Ambassade de Colombie en France se permet de préciser que des institutions indépendantes au sein de l’État, telles que la Procuraduría General de la Nación et la Defensoría del Pueblo, effectuent un travail visant à protéger les droits de la population. De même, il convient de noter que la Procuraduría General de la Nación évalue et vérifie les responsabilités qui peuvent être encourues par les agents publics ou les militaires lorsqu'il peut y avoir un usage excessif de la force publique et déterminer, ainsi, si les faits signalés constituent une infraction disciplinaire. En réponse aux diverses plaintes qui ont été déposées, l'Inspection générale de la police a indiqué que 49 enquêtes ont été ouvertes au sein de la police nationale pour usage excessif présumé de la force, par des agents de police lors des manifestations.

Le gouvernement colombien, présidé par Monsieur le Président Iván DUQUE, a toujours été ouvert à la recherche de solutions et à l'apport de réponses dans le cadre des institutions démocratiques. Dans ce contexte, le 4 mai au soir, le Président a installé « un espace pour écouter les citoyens et construire des solutions, (...) sans différences idéologiques et notre patriotisme le plus profond ». Dans cet espace, il est vital « (…) que toutes les institutions, les partis politiques, le secteur privé, les gouverneurs, les maires et les dirigeants de la société civile soient motivés par le service aux citoyens ».

Ce faisant, l’Ambassade de Colombie en France tient à réaffirmer l’engagement absolu de l’État colombien pour la protection et la promotion des droits de l'Homme sur le territoire national, et à assurer que les institutions du pays continueront d’ouvrer pour que les enquêtes aboutissent à une sanction exemplaire des responsables de tout abus d'autorité.